Maître Cheng Man Ching

Il est important de respecter la transmission, d'avoir conscience de s'inscrire dans une tradition parfois ancienne, aux implications symboliques et culturelles profondes, qui, par conséquent, impliquent une responsabilité individuelle et collective.

C'est pourquoi notre école se rattache directement à la lignée Cheng Man Ching de Taiwan, en travaillant avec ses disciples.

Biographie

maitreCheng Man-ch'ing (trad. 鄭曼青, simpl.郑曼青, pinyin Zhèng Mànqīng)

né le 29 juillet 1901 à Yongjia (Chine) et mort le 26 mars 1975 à New York, est un Grand Maître de Tai Chi Chuan renommé.

Il portait le titre honorifique de : «Maître des cinq excellences», le distinguant  pour ses connaissances du Tai Chi Chuan, de la Médecine Traditionnelle Chinoise, de la calligraphie, de la peinture, et enfin, de la poésie.

Enfant, il tomba gravement malade (tuberculose), et, dans l’espoir de surmonter la maladie, apprit le Tai Chi style Yang chez le célèbre Grand Maître Yang Cheng Fu, dont il fut un des plus fervents disciples, jusqu’en 1935.

Sur la base de la forme Yang traditionnelle, il développa, (avec les encouragements de Maître Yang !), la forme courte dite « forme des 37 pas ».

Cheng Man Ching  a élagué un certain nombre de répétitions présentes dans la forme longue (dite « forme des 108 pas »), pour en rendre l'apprentissage plus rapide.  C’est la naissance de la « forme des 37 pas » de Maître Cheng Man Ching, parfois appelée à tort : «forme simplifiée"... 

Préférons lui l'expression, au combien plus juste, de : «forme essentialisée" !!

Les principes de base du Tai Chi Chuan, (et du style Yang, en particulier), y sont effectivement essentiels ! La plupart des "postures" de la forme longue s'y retrouvent, à l'exception de quelques unes.  Il a beaucoup été dit, et écrit, sur cette « forme 37 pas », une des formes de Tai Chi la plus répandue au monde, et ce, dès les années 60 ! Bien avant que les formes raccourcies ou simplifiées de la nouvelle Chine Populaire, (dont la forme 24 dite "de Pékin", ou petite forme en 13 mouvements), ne fassent, elles aussi, leur chemin en Occident.

Ceci dit, la « forme des 37 pas », (telle que Maître Cheng l’enseignait), garde ses propres caractéristiques, qui sont les suivantes :

  1. Le pas est d’ampleur moyenne (1 largeur d’épaule)
  2. La stature du dos est verticale
  3. Les poignets (à part la posture du « Simple Fouet » –tan pain-) ne sont pas pliés, formant ainsi une ligne continue des avant-bras jusqu’à la pointe des doigts ; cette particularité porte le nom charmant de : « la main de la jolie dame » ...

Délicatesse et grâce inspire la forme.

cheng man ching montageOn doit également à Maître Cheng Man Ching  la très belle forme des 54 pas à l'épée : Tai Chi Jien.

Son enseignement fait une large part à la  "Poussée des mains", ou Tuishou, primordial pour ressentir la notion de « céder », ainsi que la détente profonde (Zhong). La méditation est une part tout aussi importante de son Tai Chi.

Peintre et calligraphe célèbre dès sa jeunesse, il obtient en 1922, le poste de Professeur de littérature aux Universités de Pékin et de Shanghai.

Il est nommé à la tête du Département de Peinture Traditionnelle Chinoise à l'Académie des beaux-arts de Shanghai.

L’exil

En 1949, suite au coup d'état raté contre Mao Ze Tong,  le Général Chiang Kaï-chek s’exile à Taïwan. Cheng Man Ching était le médecin attitré de sa femme, et son Tai Chi profitait aux soldats fideles de Chiang Kaï-chek, il suit donc le mouvement d’exile salutaire, fuyant, lui aussi la répression culturelle traditionnelle chinoise, tant qu’il en était encore temps. A l’époque, Taïwan est sous protection des U.S.A.

C’est en 1964 que Cheng Man Ching, qui a pu développer pendant plusieurs années son style de tai Chi à Taïwan,  va partir avec sa famille pour les Etats-Unis. Il y ouvrira une des premières écoles de Tai Chi hors Asie, en plein centre de New York, à la demande de la communauté de Chinoise New Yorkaise. Jugés par lui, trop traditionnels et rigides, exclusifs dans leur demande de cours réservés aux chinois, Maître Cheng ouvrira finalement son enseignement aux américains !

Surpris et passionnés de ce souffle d’Orient, (très en vogue dans cette vague hippy seventies), ces nouveaux élèves le rendront célèbre. Ils continueront la voie ouverte par ce Grand Maître sur le continent américain, avec une infinie fidélité, respectueuse de son enseignement, après son décès en 1975.

Cette vague touchera l’Europe dans les années 1980 et de nombreuses écoles se développent.

En 2002, le «1er Forum Européen Cheng Man Ching» eut lieu à Périgueux en France, et se pérennise tous les deux ans : en 2004 à Hanovre en Allemagne, en 2006 à Montecatin- Terme en Italie, 2008 à Prague, 2010 à Foix (Ariège) en France.

Ses œuvres

Maître Cheng Man Ching est l’auteur de nombreux livres qui sont une grande source d’enseignement, tant sur le plan technique du Tai Chi Chuan, que sur le plan plus subtil de la pensée taoïste, qui imprègne la pratique des arts chinois internes.

Il a également rédigé plusieurs ouvrages de Médecine traditionnelle chinoise, notamment sur les plantes.

Quelques pistes de lectures

  • « Mes mots sont faciles à comprendre » (Lao Zi commenté par Zheng Manqing), en collaboration avec Tam C. Gibbs Traduction Serge Mairet, Ed. Courrier du Livre
  • « Les Treize Traités de Maître Cheng sur le Tai Chi Ch'uan », Ed. Courrier du Livre, 1998
  • « La Nouvelle Méthode d'apprentissage personnel du Tai Chi Ch'uan selon Maître Cheng », Ed. Courrier du Livre, 2001

Conseil

  • « Un grand Maître de Tai Chi parle » de Wolfe Lowenthal, trad. Vincent Béjat, Ed. Courrier du Livre.